Il y a quelques jours, un logiciel – FairUse4WM - est apparu sur internet. Il permet, en somme, de casser la protection d’un contenu numérique acheté légalement sur les sites de films ou de musique.
J’ai été interviewé hier par 01 Net sur ce sujet, notamment sur la position de glowria par rapport à cet outil, qui a ensuite publié cet article sur la question, clair et instructif, repris par l'édition internet de L'Express et par Satellifax.
J’ai su que l’article avait été publié ce matin, mais je n’avais pas eu le temps de le lire jusqu’à ce que je reçoive un coup de fil de quelqu’un « d’important qui me veut du bien » (et dont je tairai le nom par discrétion et reconnaissance) et qui se montre très choqué, voire incrédule, par les propos que j’ai tenus. Étonné, j’ouvre l’article et je découvre, à ma grande surprise et surtout à mon grand regret, le morceau de citation suivant :
(…) pour Mihai Crasneanu, (…) « Ceux qui vont utiliser FairUse, ou d'autres logiciels qui lui succéderont, ne sont pas à proprement parler des pirates, même s'il y a effectivement acte de piratage d'un système. A la base, il y a un acte d'achat quand même. »
Un grand choc pour moi aussi ! En lisant la phrase de l’article, on peut à juste titre penser que je ne condamne pas l’utilisation de ce logiciel et que je considère que ce n’est pas du piratage (voire même que je soutiens la piraterie, si on lit le reste de l’article).
Diables ! Comment serai-ce possible soutenir une telle chose ? C’est de la vie de glowria qu’il s’agit et je ne peux pas désirer la tuer après l’avoir fondée. Car glowria est une société indépendante qui n’a qu’une seule et unique source de revenus : la commercialisation des contenus vidéo sur DVD et en format numérique. Le piratage tue cette source. Et malgré la saine concurrence qui existe entre les acteurs du marché, je considère que nous n’avons qu’un seul et vrai concurrent, sournois, insidieux et malsain : les réseaux pirates et tous les systèmes qui permettent d’obtenir du contenu payant d’une manière illégale et gratuite. C’est ce qui menace tous les jours notre activité. Nous passons nos jours et nos nuits à essayer de développer un service et des produits qui soient aussi simples, attractifs, ergonomiques et riches que possible pour donner envie aux gens d’acheter ces contenus plutôt que de chercher à les pirater. Nous discutons tous les jours avec les studios et les ayants-droits pour enrichir toujours plus le catalogue et rendre l’offre légale attractive et compétitive. Et nous faisons tout ce que nous pouvons, avec la technologie existante, pour éviter le vol de ces contenus.
Or, ce que permet de faire FairUse est du pur piratage, et ça nous fait beaucoup de mal. C’est comme si une simple entrée de cinéma à 6 euros vous permettrait d’obtenir la bobine 35mm du film que vous pourriez projeter à votre guise et gratuitement à qui vous voulez. Le cinéma du coin mourrait à petit feu, suivi du multiplex et des producteurs. Belle victoire. Heureusement, tout le monde condamnerait celui qui aura volé les bobines dans la salle de projection – il n’y a même pas débat. D’ailleurs, tout le monde trouve normal que pour les 6 euros qui permettent de voir un film une fois dans une salle de cinéma on n’obtienne pas le droit de prendre la bobine à la maison pour la regarder avec tout le quartier. Or, dans le monde numérique, prendre un fichier qu’on a « acheté » 4 euros pour voir un film pendant 24h sur son ordinateur et le « casser » avec FairUse pour le voir à l’infini, sans durée de temps, sur tous les ordinateurs du monde, est exactement, je dis bien EXACTEMENT, le même acte que le vol de la bobine : du vol, rien d’autre. Ce n’est pas parce que c’est du « numérique », que c’est moins grave, ou moins condamnable.
Les auteurs de FairUse sont bien cyniques pour avoir choisi ce nom pour leur programme. Un nom plus adapté serait unFairAbUse.
En tout cas nous attendons avec impatience le patch de Microsoft pour combler la brêche qu’exploite unFairAbUse , et nous mettrons à jour nos DRM dès sa réception.
Je suis en tout cas reconnaissant à 01 Net d’avoir publié ce soir, en fin d’article, le correctif que nous nous sommes empressés de leur adresser aujourd’hui.
MISE A JOUR du 31/8/06 : Satellifax vient de reprendre ce matin la note et renforce notre position. Je les cite :
Dans notre article d’hier concernant le logiciel permettant de contourner les DRM, Microsoft protégeant les contenus téléchargés, nous avions repris les propos de Mihai Crasneanu, pdg de Glowria, tels qu’ils étaient cités par le site 01.net que nous citions bien sûr également. Répondant à la demande de la société Glowria, le site 01.net, maintenant la publication intégrale de son article, a ajouté hier la note suivante que nous publions : « Suite à la publication de cet article, la société Glowria tient à préciser qu'elle condamne l'utilisation de FairUse et que l'usage de ce logiciel constitue un acte de piratage. »
A tire d’information, nous publions également intégralement le texte complémentaire que nous a fait parvenir Glowria :
« Mihai Crasneanu, pdg et fondateur de Glowria, tient à réaffirmer que la société condamne vivement tout acte de piratage et qu’il estime que tout utilisateur de FairUse ou de tout autre logiciel de ce type commet, malgré l'acte d'achat initial, un acte de piratage pur et simple. Ces logiciels sont selon lui une vraie menace pour l’industrie mais également pour le consommateur direct qui prend un risque important en manipulant illégalement ces contenus numériques. Les aspects inhérents au téléchargement et aux contraintes d’utilisation des contenus numériques par les utilisateurs finaux sont un vrai sujet de réflexion pour l’ensemble des acteurs du marché et Glowria collabore étroitement avec ces acteurs pour trouver des solutions qui permettent à ces utilisateurs de jouir pleinement des fichiers légalement acquis tout en préservant les intérêts des ayants droits.




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