Est-ce que protéger la musique a un sens ? Le CTO de Napster semble dire que non dans ce communiqué où il essaie de défendre sa société. Je ne crois pas qu'il soit conscient du sens que prend sa déclaration - sans doute contraire à ce qu'il voulait dire, mais ses arguments sont justes pour affirmer que les DRM sont inutiles.
Le problème ? Beaucoup questionnent la sécurité des plateformes de téléchargement légal de musique, telles que Napster, mais aussi iTunes & Co. L'argument ? Il suffit d'un petit programme gratuit téléchargé sur internet (et il en existe des dizaines) pour convertir en fichier non protégé ce que vous écoutez sur l'ordinateur (comme si on enregistrait la radio sur une cassette).
Monsieur Technique de chez Napster reconnaît ce problème, et ce faisant met un énorme pied dans le plat :
Tout d'abord, la plupart des consommateurs lambda, qui ignoraient jusqu'à présent l'existence même de ces petits programmes malicieux, viennent d'apprendre quelque chose de fort intéressant de la bouche de leur propre fournisseur de musique (d'ailleurs, pourquoi n'ont-ils pas mis chez Napster un lien direct pour télécharger ce prorgamme, ça évite de perdre 1 min pour le chercher sur Google !)
Ensuite, il reconnaît implicitement que les DRM, ces bestioles de Microsoft ou autres, qui font qu'on ne peut écouter une chanson qu'entre midi et 14h, que sur un seul appareil, d'une certaine marque acheté dans un certain magasin seulement, bref qui rend la consommation si flexible, donc que ces DRM ne servent à pas grand chose quant il s'agit de protéger les oeuvres.
Alors je vais vous résumer l'histoire autrement :
Pour passer la porte et voir le show, il faut payer. Notre porte est blindée contre toutes les attaques, même au bazooka, et personne n'a réussi à la forcer jusqu'à présent. Et ça coûte cher une porte comme ça, voilà pourquoi l'entrée coûte si cher. Bon, c'est vrai qu'on peut entrer à l'oeil par la porte du jardin. Mais franchement, c'est pas pratique, il faut quand même faire le tour et il fait un peu sombre - qui voudrait faire ça ? Donc rassurez vous, tout va bien.
Message reçu. En attendant, je ne peux toujours pas écouter les chansons achetées sur Fnacmusic sur mon iPod, ni celles achetées sur iTunes sur ma clé USB/MP3. Et si quelqu'un pensait à mettre une billetterie à la porte de derrière ? Peut-être qu'on pourrait regagner notre liberté de consommer sans contraintes tout en rémunérant les artistes. Dommage pour les fabricants de portes blindées, mais tant qu'on ne pensera qu'à eux, on risque de voir de plus en plus de monde qui voulait payer son entrée passer finalement par la porte de derrière. Tiens, j'en vois un qui vient de passer par la fenêtre !
(merci à François Galy qui m'a fait découvrir cette note de Napster)

L'on sait tous que cette fameuse porte de derière (par le jardin) est inévitable dans ce secteur qu'est la protection de données distribuées par Internet.
Le tout reste à durcir le chemin d'accès à cette porte représentant la faille du système, afin d'en dissuader un maximum l'accès, et privilégier ainsi la faciliter de l'accès principal, et ce, même si un payement esst nécessaire.
Rédigé par : Nassim | dimanche, 06 mars 2005 à 15:06
Je pense qu'il faut se concentrer sur rendre l'expérience utilisateur la plus simple et la moins contraignante possible. La plupart des gens qui achètent (ou ont acheté) des CD est prête à payer pour de la musique en ligne, mais avec les conditions ci-dessus. Tant qu'on invente des chausses-trappes de DRM et appareils incompatibles entre eux, on n'y parviendra pas. Le consommateur lambda attendra que tout ceci se clarifie avant de mettre 400 euros dans un balladeur numérique, ou acheter de la musique en ligne dans un format ou un autre. Et d'ici-là, il ira sur Kazaa. Le temps joue contre l'industrie !
Rédigé par : Mihai Crasneanu | lundi, 07 mars 2005 à 19:10
- Le temps qu'un standard DRM s'impose pour le téléchargement sur le net le peer tot peer se fera en local de téléphone à téléphone et il n'y aura plus de moyen de repérer ceux qui le font car plus de FAI
- Le PDG de Napster a completement raison car la musique, aujourd'hui 100% séparée de son support (CD ou autre) est de l'information pure. Le DRM traduit la volonté d'appliquer un modele économique de bien physique à de l'information. Absurdité complète mais avant qu'un directeur financier de major comprenne qu'il donne des coups d'epee dans l'eau...
Rédigé par : Daniel | dimanche, 20 mars 2005 à 08:51
Le gros problème est surtout que les DRM ne changeront rien au problème. En effet les DRM sont très aisément contournables...même pour un enfant ou une petite grand-mère...
La musique est un art, l'art fait partie de la culture.
La culture doit être gratuite, la musique doit donc être gratuite.
Rédigé par : Spirit | vendredi, 24 juin 2005 à 01:20